Sylvie Debs artigos

     - Caldeirão, a guerra dos beatos 
[ estudo sobre romance de Cláudio Aguiar]

   - Por uma retomada do cinema no Brasil?  Estudo de um caso particular: o retorno do cangaço no Nordeste
  
- Patativa do Assaré - uma voz do Nordeste  ( na seção Artigos / Resenhas)

 

 Introduction

Le Nordeste du Brésil, et particulièrement les terres de l’intérieur marquées par la sécheresse, a connu le surgissement d’un certain nombre de prophètes ou de beatos qui ont parcouru ces terres en prêchant la fin du monde. Certains ont créé des communautés religieuses, comme Antonio Conselheiro (1830-1897) à Canudos ou le beato José Lourenço (1872-1946) au Caldeirão da Santa Cruz do Deserto. L’histoire du premier a été transposée littérairement par Euclides da Cunha dans Os Sertões (1902) et Mario Vargas-Llosa dans La guerra del fin del mundo (1981). Celle du second a été transposée par Cláudio Aguiar dans Caldeirão, a guerra dos beatos (1992). Le beato noir José Lourenço s’est installé au lieu-dit Caldeirão, terre cédée par le P. Cícero et y a dirigé une communauté de paysans sur la base d’un ordre religieux et moral strict ainsi que de la collectivisation des moyens de production. Lors de la grande sécheresse de 1932, le beato a sauvé plus de cinq cents personnes de la faim. En 1936, le Caldeirão comptait environ trois mille habitants, quand le 11 septembre, la police a rasé et brûlé la communauté, causant environ deux cents victimes. En mai 1937, l’aviation militaire est intervenue pour détruire complètement le site, faisant quelques quatre cents victimes.

Mestre Bernardino, la voix du Caldeirão.

 

Le sertão, symbole du Nordeste de l’intérieur, garde un parfum d’énigme pour l’étranger qui y pénètre, qu’il vienne du Sud du Brésil comme Euclides da Cunha ou qu’il vienne d’un autre pays, comme Mario Vargas Llosa. N’entre pas qui veut dans cet univers où temps et espace se dissolvent dans l’infini, où rêve et réalité se confondent, où Dieu et le Diable se défient au quotidien... Il faut des guides pour arriver au coeur du peuple sertanejo, de ses croyances, de ses coutumes et de son combat pour la survie. C’est parfois la voix anonyme d’un chanteur de foire, le monologue-fleuve de Riobaldo ou le récit-témoignage de Mestre Bernardino, autrement dit, des regards de l’intérieur, des verbes de l’intérieur, des sensibilités de l’intérieur loin des discours scientifiques ou officiels qui jugent et souvent condamnent les mouvements populaires.

       Le roman de Cláudio Aguiar, Caldeirão, a guerra dos beatos se présente comme une reconstitution littéraire d’un événement historique qui s’est déroulé dans la région du Cariri (Ceará) au cours de la première moitié du XXe siècle, en dépit de l’avertissement de l’auteur qui récuse toute ressemblance avec des personnes véridiques. L’auteur, lui-même cearense, a passé plusieurs années à recueillir des témoignages auprès des survivants et des descendants de la communauté de la Santa Cruz do Deserto. Il a ainsi pu nourrir son imaginaire de romancier en même temps qu’il élaborait sa propre lecture des événements, différente de la version officielle. Pour mettre en scène cet épisode de l’histoire brésilienne, Cláudio Aguiar a choisi de donner la parole aux habitants du Caldeirão par l’intermédiaire de Mestre Bernardino, un des proches fidèles du beato. Ce choix narratif, déterminant pour l’orientation du roman, permet de mettre en avant trois aspects essentiels : une immersion dans la réalité nordestine et ses traditions ; une représentation du Caldeirão selon un point de vue interne ; enfin, une relecture de la religiosité populaire à travers le portrait du beato José Lourenço, mis en lumière à partir d’un ensemble d’événements géopolitiques de l’époque (1875-1946).

1 - La tradition du conteur

 

       L’immersion dans la réalité nordestine se fait par l’intermédiaire de la voix de Mestre Bernardino. Pour raconter l’histoire de la communauté du Caldeirão dirigée par le beato José Lourenço, Cláudio Aguiar a décidé de reprendre une tradition nordestine, celle des conteurs d’histoires. En situant le récit lors de la veillée mortuaire du beato, l’auteur en donne le ton, et indique ainsi son parti-pris : l’histoire du Caldeirão est d’abord l’histoire de ses habitants, vécue et rapportée de leur point de vue. Pour être fidèle à celle-ci, le récit emprunte la voie de communication privilégiée du peuple, la tradition orale, voie par excellence de la transmission de la mémoire et du savoir populaire. La veillée mortuaire, rappelle, elle aussi, une tradition populaire du début du siècle.

Le récit s’ouvre par une adresse à un auditeur inconnu, sur le mode de la poésie populaire nordestine où l’auteur a coutume de demander l’autorisation de conter une histoire en même temps que l’indulgence de l’auditeur. Dans le cas du roman, Mestre Bernardino implore l’indulgence pour sa façon de parler et l’emploi de termes locaux, et invite l’étranger ainsi que les passants à entrer dans la maison afin de prendre connaissance de l’histoire du mort et de la communauté du Caldeirão. L’insertion du discours dans une culture particulière et le rappel du contexte historique du Cariri au tournant du siècle apparaît comme un point fondamental pour pouvoir comprendre les raisons de l’existence, puis de la destruction d’une telle communauté, surtout aux yeux d’un étranger, et à travers lui, aux yeux de tous les lecteurs potentiels.

L’adresse du discours à un auditeur fictif rappelle le procédé utilisé par João Guimarães Rosa dans Grande Sertão : Veredas, où Riobaldo met en évidence le caractère étranger de l’auditeur, venu enquêter sur le sertão. Comme Riobaldo, Mestre Bernardino interpelle de temps à autre l’étranger, cherchant son assentiment. Sa présence permet de justifier un récit chronologique, à valeur explicative. De la même façon que Mestre Bernardino juge indispensable de rappeler le contexte socioculturel dans lequel s’est déroulé l’épisode du Caldeirão, de la même façon il juge indispensable d’expliquer les origines ainsi que le passé du beato et de sa famille afin de comprendre comment un “monde neuf” avait pu être créé sous l’impulsion du beato. Tout cependant ne trouve pas une explication historique ou rationnelle : en ce qui concerne l’origine de la vocation du beato, le conteur s’en remet aux mystères du destin.

En soulignant la nature étrangère de l’auditeur, l’orateur instaure une césure entre deux univers : celui du Cariri, la région où se situe le Caldeirão, et le reste du pays. Cette précision est primordiale dans la mesure où Mestre Bernardino attire notre attention sur la culture indigène et sa survivance malgré la colonisation et la conversion des Indiens au catholicisme. Mestre Bernardino rappelle que les Indiens Cariris, définis comme les « maîtres du Ciel, du Soleil, de la Terre, de la Lune, des Vents, des Rivières, des Merveilles et des Fêtes de la caatinga[1] », sont connus pour avoir offert une résistance sans égale aux colonisateurs. D’ailleurs le beato, dans des moments de douleur ou de joie, se laisse aller à prononcer des invocations en langue cariri.

Il faut noter également que le narrateur n’introduit pas le beato comme un héros ni un homme exceptionnel, mais simplement comme un homme du peuple qui « sut aimer son prochain et travailler pour lui[2] ». Enfin, nous pouvons remarquer que la motivation du narrateur est double ; il y a des raisons personnelles qui le poussent à surmonter le silence, à savoir son besoin de se délivrer des peurs et des fantômes du passé qui l’habitent ; et une raison d’ordre collectif, dans la mesure où son récit est le témoignage de la vie d’une communauté qui doit passer à la postérité. Cette double motivation explique la grande détermination du conteur.  

       Le récit chronologique des faits est rythmé par des réflexions plus vastes sur la vie ou l’univers mental du sertanejo. En effet, Mestre Bernardino émet un certain nombre de vérités générales qu’il place de façon circonstancielle en relation avec les événements qui se déroulent. Ces considérations générales peuvent toucher les domaines suivants : la relation des habitants du Caldeirão au monde, leur conception de la vie, la morale, les coutumes et le savoir populaire. Nous trouvons des remarques répétitives concernant la difficulté de vivre des personnes en raison des imprévus qui s’abattent sur elles : ainsi, le conflit qui oppose les deux villes voisines du Crato et de Juazeiro en 1914. De nombreuses considérations sur le temps qui passe, sur les aléas de la vie, sur les alternances de bons et de mauvais moments ponctuent par ailleurs le récit : « Rien dans la vie, vous savez, ne dure. Les bonnes choses passent vite. Les mauvaises, non, elles s’installent toujours dans la quiétude des gens et prennent racine[3] ». Ces annotations traduisent un sentiment de lassitude par rapport aux différents malheurs qui touchent la communauté. Mais devant la succession des épreuves infligées à la population, naît petit à petit une forme de résignation dictée par la sagesse populaire qui conduit à relativiser les événements.

       Nous pouvons également relever un certain nombre d’observations d’ordre moral qui traduisent la conception de l’univers mental du sertanejo. Lorsque des rumeurs ou des paroles diffamatoires se répandent au sujet du beato Lourenço, Mestre Bernardino rappelle que le mensonge est une habitude universelle. C’est l’occasion de souligner que « La vérité, Monsieur, est une chose qui ne doit pas être cachée[4] ». La conception du travail au Caldeirão repose, elle aussi, sur des valeurs morales proches de la Bible. La vie de la campagne est vécue par les habitants du Caldeirão comme une acceptation de la volonté divine, et l’homme, tire les fruits de la terre grâce à son travail et à ses efforts. Lors de l’invasion du Caldeirão par les troupes et devant le comportement irrespectueux des soldats à l’égard des femmes, Mestre Bernardino rappelle le code de l’honneur sertanejo : « L’honneur des femmes dans le sertão, vous savez, est intouchable[5] ».

       La maladie de la mère du beato permet de rappeler des distinctions entre les coutumes citadines et rurales. Alors que les pilules du pharmacien restent sans effet, les paysans recourent à leurs connaissances des plantes pour soigner les gens, et Mestre Bernardino, dont la profession est de soigner, énumère les vertus de diverses plantes, en soulignant leurs effets naturels. La nature est d’ailleurs une donnée omniprésente pour la vie des paysans. L´observation du ciel, par exemple, permet la prévision du temps.       

       Le fait que ce soit Mestre Bernardino qui fasse le récit de la vie du beato offre également l´avantage de pouvoir nous livrer ses réactions personnelles face aux événements qui marquent la vie du beato. Comme il a été un des premiers pèlerins à suivre le beato, il rapporte dans quelles circonstances José Lourenço a été conduit par le P. Cícero à accepter d’occuper le site de Baixa Dantas, un lieu propice à la culture de la terre et à l´établissement d’une communauté, avant de s’établir au Caldeirão. Nous constatons que le caractère de Mestre Bernardino le rapproche du peuple tout en le distinguant du beato. En effet, la sensibilité de Mestre Bernardino est proche de celle du peuple. Il partage les sentiments éprouvés par les parents lors de la découverte de l´ambiance religieuse et mystique de la ville de Juazeiro. Il partage le même enthousiasme et la même admiration pour le prêtre : « Le P. Cícero ne pouvait être qu’un saint[6] ». Pour la foule, le Père symbolise la figure de Dieu et les gens lui attribuent les mêmes qualités : « Dieu est juste, si. Et mon P. Cícero était juste comme Dieu[7] ».

       En revanche, son tempérament personnel se démarque nettement de celui du beato. Il se montre beaucoup plus disposé à réagir contre les infortunes ou à donner des leçons, à se défendre face aux calomnies ou aux humiliations. Ainsi, à l’annonce de la nouvelle de l’expulsion de Baixa Dantas, Mestre Bernardino a du mal à ne pas se révolter contre cette mesure injuste : « L’Eglise, les Pères, les politiques et tous les grands s’entendaient quand leurs intérêts parlaient plus fort[8] ». Il n’accepte l’emprisonnement du beato que parce que ce dernier le somme de s’y plier. Il fait toujours preuve d’esprit critique, se montrant prêt à dénoncer les injustices. Il est outré par le fait que l’on prive les gens de terre dans un pays aussi vaste et riche. Toujours d’un sang plus vif, Mestre Bernardino souhaiterait réagir face à l’impertinence du Coronel João de Brito qui exige un paiement pour la remise des terres, mais il est obligé de se contenir : « On ne pouvait pas désobéir au beato ainsi. Il était notre chef[9] ». Toutes ces observations dispensées au cours du récit permettent de restituer l’ambiance et l’état d’esprit de la vie au Caldeirão.

2 - La représentation du Caldeirão

 

       Au fur et à mesure du récit chronologique se mettent en place les éléments concernant l’histoire du Caldeirão, sa fondation et son mode de fonctionnement. Il est évident que cette communauté est créée selon un modèle d’inspiration communiste qui rappelle Canudos, qui peut être jugé idyllique voire utopique, mais dont le souvenir reste fortement ancré dans la mémoire des habitants. Ainsi Zaias, en face des soldats qui ont encerclé le Caldeirão, dénie toutes les rumeurs d’esclavage et réaffirme le principe de base de la communauté : « Ici, c’est un pour tous et tous pour un[10] ».

       Parmi les différentes qualités du beato soulignées par Mestre Bernardino, on peut noter de façon paradoxale qu’il n’était pas particulièrement attiré par la prière, mais plutôt par l’action. Ce côté pragmatique de sa personnalité lui permet de concevoir un mode de vie et d´administration très efficace qui font l’envie des habitants des villes voisines. La construction du Caldeirão, entièrement élaborée sous son autorité, est organisée autour de la Casa Grande, appelée Estação, lieu de rencontre central, où les femmes préparent à manger et reçoivent les invités. La vie est consacrée aux travaux des champs et les différentes tâches sont réparties entre les habitants qui travaillent comme des frères, en ayant le même objectif : améliorer la production et les conditions de vie du Caldeirão. Tout nouveau venu, dès lors qu’il se plie au règlement intérieur est autorisé à s’installer au Caldeirão. Fondée sur un principe d´égalité, la loi de répartition des richesses est la suivante : « Chacun avait droit à tout ce qu’il souhaitait, dans les règles de la modération, comme il se doit[11] ». La description du Caldeirão insiste sur l’absence de circulation d’argent à l’intérieur de la communauté. Les habitants pouvaient non seulement vivre en autarcie, car ils produisaient tout ce dont ils avaient besoin, mais encore acheter des biens à l’extérieur, grâce à la vente de l’excédent de leurs récoltes. L’existence d’une telle communauté dans une terre marquée par la faim et la misère en fait un modèle d’une autre forme de socialisation, échappant au système latifundiaire. Les besoins primaires étaient satisfaits pour tous : travail, logement, alimentation, médecine et même éducation. Comme le précise Mestre Bernardino, lorsque les travaux étaient finis, quelques femmes s’occupaient de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture aux enfants. Ainsi, « L’école était partout. Le Caldeirão était une école[12] ».       

       Deux éléments marquent l´annonce de la décadence du Caldeirão : la révolution de 30 et la mort du P. Cícero (1934). Après la révolution de 1930, ce sont les attaques d’ordre politique contre le Caldeirão qui redoublent. Le Caldeirão, considéré comme une communauté vivant hors-la-loi, peuplée de fanatiques, est perçu comme une menace par le gouvernement, de la même manière que l’avait été Canudos à la fin du siècle dernier avant d’être l’objet de plusieurs expéditions militaires. La paix du Caldeirão est donc menacée. Le bruit se répand que des armes circulent au Caldeirão, mais quand les soldats se présentèrent pour fouiller le village, ils ne purent trouver que les outils servant à l’agriculture. Malgré cela, la calomnie continue afin de déstabiliser la crédibilité de la communauté. Après la mort du P. Cícero, protecteur spirituel du beato, de nouvelles calomnies surgissent, notamment lors de la guerre que se livrent gouvernement et communistes. Dans les journaux du Sud, le beato est décrit comme un explorateur du peuple. On y rapporte que « Le beato mariait, baptisait et dictait les lois du lieu et qu’encore il vivait en concubinage dans un véritable régime communiste avec des milliers de filles vierges, alors que le peuple, en esclavage, travaillait gratuitement pour lui[13] ». La diffamation porte sur l’exercice illégal des fonctions du prêtre, sur l’absence de morale et sur l’exploitation du peuple. A nouveau se répand le bruit de la livraison d’armes allemandes, mais la perquisition menée par la police ne permet de découvrir que des statues de saints destinées à l’église. Le succès du Caldeirão avait suscité des jalousies, ce qui conduit le beato à être attaqué sur deux plans, un plan personnel, et un plan politique. Sur le plan personnel, ce sont les qualités morales qui sont remises en cause. Sur le plan politique, resurgissent les mêmes peurs de création d’un état à l’intérieur de l’Etat (cf. Canudos), ainsi que la menace d’extension d’un système qui semble donner satisfaction aux habitants.

3 - Le portrait du beato

 

       Le beato dont on veille le corps est décrit essentiellement à travers les événements qui ont marqué sa vie. Ce personnage aurait pu être valorisé, à la manière d’Antonio Conselheiro dans Os Sertões, mais il s’insère de façon naturelle dans le contexte évoqué. Il ne présente aucun caractère révolutionnaire. Sa vie et les responsabilités qui lui incombent sont présentées comme le résultat d’un concours de circonstances familiales et historiques. Contrairement à Antonio Conselheiro, il n’est pas montré comme un leader à forte personnalité mystique qui dirige sa communauté, mais comme un homme du peuple.  

A travers le récit de Mestre Bernardino se dessine un double portrait, à la fois sur un plan personnel et sur un plan historique. Celui-ci souligne le fait que la naissance du beato a lieu à un moment un peu troublé de l’Histoire du Brésil en raison des diverses mutations que le pays traverse : l´introduction du nouveau système métrique qui conduit à la révolte de Quebra-Quilos, le recrutement de force pour la guerre du Paraguay qui mène à la révolte de Ronca D’Abelha, la libération des esclaves contre la volonté des coroneis. A ceci vient s’ajouter une éducation particulièrement rude, à base de châtiments physiques, dispensée par le père. Ce traitement insupportable le conduit à fuir la maison parentale pour échapper à cette rigueur. A quinze ans, il trouve les moyens de sa propre subsistance en devenant employé d’écurie. La grande solitude dans laquelle il s’est enfermé le conduit après cinq ans à tenter de retrouver ses parents. Quasi analphabète, et dépourvu de toute éducation religieuse, c’est le hasard plus que la volonté qui en fait un beato. Ce n’est pas pour des motifs religieux que José Lourenço décide d’aller voir le P. Cícero. La rencontre des deux hommes se fait de manière fortuite, car José Lourenço recherche ses parents, et que seul le P. Cícero connaît tous les habitants de Juazeiro. Cependant au lieu d´obtenir la réponse attendue, il est investi d’une mission : « José, je t’attendais depuis longtemps, José. Tu étais déjà choisi, José. Depuis longtemps, José. Tu vas m’aider à porter le poids de la sainte croix pour le salut du genre humain, José[14] ». Cette recommandation surprend José dans la mesure où lui, pauvre, noir et fugitif, ne pense pas avoir les qualités requises pour une telle mission. La rencontre avec le P. Cícero et l’installation à Baixa Dantas, puis la découverte des pénitents le mène à une pratique religieuse plus assidue et particulière. Impressionné par la procession d’hommes portant la croix du Christ, et influencé par un sentiment de culpabilité du à son passé de pêcheur, il décide de se joindre au groupe de pénitents. Accepté définitivement par la communauté des pénitents lorsqu’il vient se prosterner devant le beato Palmeira à qui il jure fidélité, il entre dans une certaine illégalité par rapport à l’Eglise officielle qui condamne ses manifestations. Sa pratique religieuse personnelle reste cachée au grand jour et il ne s’adonne pas au prosélytisme.  

       Une fois qu’il a accepté l’idée d’accomplir cette mission, le beato reste relativement distant du P. Cícero et ne fréquente pas son église, ni n’écoute ses prêches. Les deux hommes continuent de vivre en maintenant très peu de relations, chacun faisant confiance à l’autre. Cette distance apparente n’empêche pas que le P. Cícero soit considéré par le beato et sa communauté comme le véritable chef. A chaque fois qu’une difficulté majeure surgit, c’est lui qui donne les ordres nécessaires. Lorsque la communauté est expulsée de Baixa Dantas, le P. Cícero leur confie une autre terre : « Maintenant, José, tu iras au Caldeirão. Le Caldeirão m’appartient[15] ». Lorsque le beato rend visite au P. Cícero, dans l’espoir de trouver un soulagement à sa charge, ce dernier le confirme dans sa mission de porter la croix. Cependant, la parole métaphorique du P. Cícero n’est pas entendue dans ce sens par l’esprit simple du beato : « José, j’ai déjà cherché de nombreux endroits pour mettre cette croix, mais le meilleur endroit que j’ai trouvé fut seulement ton épaule, José. Tu dois la garder, José[16] ». C’est ainsi que le beato continue de fréquenter les pénitents la nuit et de porter la croix.  

Nous l’avons déjà souligné, le beato n’a rien du charisme d’Antonio Conselheiro ou du P. Cícero. Travailleur de l’ombre, il se fait respecter pour son comportement, sa résistance physique et morale, sa générosité. En effet, lorsqu’il est fait prisonnier par le Dr. Fuloro, il décide de faire une grève de la faim et ne semble guère affaibli par le traitement. De plus, sa capacité de pardon lui permet d’accepter une invitation à dîner au sortir de prison. Voici comment il se présente : « Beato José Lourenço, de Baixa da Anta, noir, grand et méconnu, indigne de votre présence[17] ». A ses yeux, l’action est plus exemplaire et plus forte que la parole ou les discours. Lors de l’installation de la communauté au Caldeirão, le beato donne les règles générales de fonctionnement de la communauté, la première étant l’absence de violence quelle qu’elle soit. Il en fait un lieu de paix et de rassemblement qui réunit tous les hommes : « Ici serait construit la Patrie du Sertão, lieu de tous les hommes qui souffrent[18] ». Une fois la ligne générale déterminée, il laisse le soin à ses proches d’organiser la répartition des tâches à l’intérieur de la communauté.

Le point fort de sa personnalité est sa relation avec les hommes de pouvoir, qu’il s’agisse du Dr Fuloro ou de M. Celan. Lors de la visite de l’industriel de São Paulo qui prétend installer le paradis au Caldeirão, le beato se montre très ouvert et hospitalier, en lui offrant gîte, nourriture et cadeaux. Il les traite toujours avec distance et respect, jamais par affrontement direct. Ses alliés sont la patience et la tolérance. Cependant, il n’est pas dupe du discours des politiques et demande à ses fidèles de se montrer vigilants.  

Un des effets les plus remarquables de la mise en scène de la veillée mortuaire par l’intermédiaire de Mestre Bernardino est le caractère vivant et authentique du récit. Bien plus que la simple vie de José Lourenço, le récit permet de rappeler les conditions socio-économiques de ce début de siècle, et surtout la mentalité rurale sertaneja. Ni lettré, ni orateur, le beato José Lourenço, en même temps qu’il prend soin simplement de sa propre vie (il paye pendant de nombreuses années le prix de ses péchés de jeunesse), prend soin de celle des habitants de la communauté. Les informations transmises d’un point de vue interne, avec toute la fidélité et la sympathie pour le beato nous rendent cet univers plus proche. Nous sommes loin d’un discours extérieur et positiviste comme l’essai d’Euclides da Cunha. Mestre Bernardino est, en quelque sorte, le porte-parole de l’auteur. C’est ainsi que l’Histoire du Caldeirão reste avant tout, grâce à Cláudio Aguiar, l’histoire du peuple du Caldeirão.  

 

 

 

   

INTRODUÇÃO

 

O romance de Cláudio Aguiar, Caldeirão, a guerra dos beatos apresenta-se como uma reconstituição literária de um evento histórico que ocorreu na região do Cariri (Ceará) na primeira metade do século XX, ainda que o autor afirme que não existem semelhanças com pessoas verídicas. O autor, cearense também, passou muitos anos recolhendo testemunhos dos sobreviventes e descendentes da comunidade da Santa Cruz do Deserto. Assim, ele nutriu o seu imaginário de romancista ao mesmo tempo em que elaborava sua própria leitura dos fatos, diferente da visão oficial.

Para colocar em cena esse episódio da história brasileira, Cláudio Aguiar preferiu dar a palavra aos habitantes do Caldeirão pela voz do Mestre Bernardino, um dos mais próximos fiéis do beato. Essa escolha narrativa, determinante para a orientação do romance, permite sublinhar três aspetos essenciais: uma imersão na realidade nordestina em suas tradições; uma representação do Caldeirão segundo um ponto de vista interno; e, enfim, uma releitura da religiosidade popular através do retrato do beato José Lourenço, iluminado a partir de um conjunto de eventos geopolíticos da época (1875-1946). Assim vamos estudar a importância dessa escolha narrativa que faz do Mestre Bernardino o porta-voz do autor. Desenvolveremos três aspetos primordiais que se encontram na tradição do contador: a mise en scène do discurso, o presencia da sabedoria popular e das verdades gerais, assim que o valor do testemunho direto.

1. A tradição do contador

 

A imersão na realidade nordestina se faz por intermédio da voz do Mestre Bernardino. Com efeito, para narrar a história da comunidade do Caldeirão, dirigida pelo beato José Lourenço, Cláudio Aguiar escolheu retomar uma tradição nordestina, a dos contadores de estórias. Situando a relação no velório do beato, o autor dá o tom e indica a sua posição: a historia do Caldeirão é antes de tudo a história dos seus habitantes, vivida e contada do ponto de visto deles. Para ser fiel à história, o relato empresta a via de comunicado privilegiado do povo, a tradição oral, via por excelência da transmissão da memória e do saber popular. O velório lembra também uma outra tradição popular do início do século. Além disso, a intervenção de um contador como Mestre Bernardino, oferece várias vantagens : unicidade de tom, de ritmo e de ponto de vista.

1.1. A mise en scène do discurso de Mestre Bernardino

 

O relato abre-se com uma dedicatória feita por um ouvinte desconhecido, ao modo da poesia popular nordestina, onde o autor tem costume de pedir a autorização de contar uma história e ao mesmo tempo a indulgência do ouvinte. No caso do romance, Mestre Bernardino implora a indulgência pelo seu falar e convida o estranho tal como os viandantes para entrar na casa a fim de tomar conhecimento da história do morto e da comunidade do Caldeirão. Para poder entender as razões da existência, e depois da destruição duma comunidade desse tipo, sobretudo no olhar de um estranho ( e através dele, nos olhos de todos os leitores potenciais), a inserção do discurso numa cultura particular e a lembrança do contexto histórico do Cariri na volta do século aparece como um ponto fundamental.

       A dedicatória do discurso a um ouvinte fictício lembra o processo usado por João Guimarães Rosa em Grande Sertão: Veredas, onde Riobaldo coloca em evidência o caráter estrangeiro do ouvinte, chegado para pesquisar o sertão. Como Riobaldo, Mestre Bernardino interpela de vez em quando o estranho, procurando o seu assentimento, usando fórmulas do tipo: «Deve saber o senhor». A sua presença permite justificar um relato cronológico, com valor explicativo. Da mesma maneira que o mestre Bernardino julga indispensável a lembrança do contexto sociocultural, no qual se desenrola o episódio do Caldeirão, ele julga também indispensável explicar as origens e o passado do beato e da sua família, a fim de fazer com que o ouvinte entenda melhor como «um mundo novo» pode ter sido criado. Não obstante, todos os aspetos da personalidade de José Lourenço não encontram uma explicação histórica e nem racional. Que se refere as origens da vocação do beato, o contador se entrega aos mistérios do destino: « Ninguém sabe como o destino chega e se guarda inteirinho dentro da gente. Quando menos se espera, arre[19] ».

       Sublinhando o caráter forasteiro ou estrangeiro do ouvinte, o narrador instaura uma cesura entre dois universos: o do Cariri onde se situa o Caldeirão, e o resto do país, o que é de fora. Essa precisão é primordial na medida em que o Mestre Bernardino chama a nossa atenção para a cultura indígena e sua sobrevivência, apesar da colonização e da conversão dos Índios ao catolicismo. Mestre Bernardino lembra que os índios Cariri, definidos como os «Donos do Céu, do Sol, da Terra, da Lua, dos Ventos, dos Rios, dos espantos e das Festas nas Caatingas[20]»são conhecidos por terem oferecido uma resistência sem igual aos colonizadores.

       A invocação de Badzê joga um papel particularmente significativo no começo de um relato sobre um beato.É ele, Badzê, «O mestre da Ordem, da Guerra, Pai dos Rumos e dos Esconderijos sem Veredas[21]» que está convidado a presidir o relato, para assegurar e dar-lhe uma maior força de convicção, pois como diz o Mestre «a memória não falha quando se conta uma história clara na escuridão desse infinito por dentro...[22]» No final do relato, por ocasião da evocação da destruição completa pelo fogo do Caldeirão, Mestre Bernardino, mais uma vez, refere-se aos espíritos Cariris ao perguntar: « Quando Badzê viria acender o seu cachimbo e provocar novos festins para os espíritos Cariris[23] ? »

       Convém notar que o narrador não introduz o beato como um herói nem como um homem excepcional, mas simplesmente como um homem do povo que « Soube amar ao próximo e trabalhar por ele[24]. » Enfim, podemos sublinhar que a motivação do narrador é dupla : tem uma razão pessoal que lhe leva a vencer o silêncio quando diz por exemplo : « Preciso me livrar de algumas assombrações. Eu não quero sobroso dentro de mim[25]. »; mas tem também uma razão de ordem coletiva, na medida em que o seu relato é testemunho de vida de uma comunidade: « Nós queremos continuar a luta dos antigos[26] ».

       Essa dupla motivação explica igualmente a grande determinação do contador ao afirmar: « Antes de raiar o sol eu quero passar a limpo a verdadeira história da Santa Cruz do Deserto, fincada pelas mãos pias do beato nas terras do Caldeirão. »

 

1.2. Sabedoria popular e verdades gerais

 

       O relato cronológico dos dados está regularmente pontuado por reflexões mais amplas sobre a vida e o universo mental do sertanejo. Com efeito, Mestre Bernardino emite um certo número de verdades gerais que ele coloca muitas vezes de maneira circunstancial em relação com os eventos que se desenrolam. Essas considerações gerais podem tocar as áreas seguintes: a relação dos habitantes do Caldeirão com o mundo, a concepção de vida dos seguidores do beato, a moral, os costumes e os saberes populares.

       Da mesma maneira com que Riobaldo repetia pela voz do seu interlocutor que «viver é perigoso», encontramos aqui menções regulares falando da dificuldade de viver das pessoas em razão dos imprevistos que se abatem sobre elas. Assim, o conflito que opõe as duas cidades vizinhas Crato e Juazeiro em 1914 e complica a vida dos habitantes leva Mestre Bernardino a constatar que: « A vida é uma soma de sofrimentos[27] ! » Numerosas considerações sobre o tempo que passa, sobre a sorte da vida, sobre as alternativas entre momentos bons e momentos ruins pontuam todo o relato. Vejamos alguns exemplos: « O que não presta dura muito. O que é bom cai logo, como babugem[28] ». Ou ainda: « Nada na vida, se sabe, dura o tempo todo. O bom se acaba ligeiro. O ruim não, sempre se instala nos sossegos da gente e cria raíz[29] ». Essas passagens traduzem um sentimento de cansaço em relação às diferentes desgraças que tocam a comunidade. Diante da sucessão das provas infligidas à população, nasce uma forma de resignação ditada pela sabedoria popular, no sentido de que o saber nasce da experiência. Por isso diz o Mestre: « A gente depois que começa a entender melhor as coisas do mundo, aprende que o bom e o ruim passam do mesmo jeito[30] ».

       Podemos igualmente sublinhar um certo número de observações de ordem moral que traduzem a concepção do universo mental do sertanejo. Quando se espalham os rumores ou palavras difamatórias sobre o beato Lourenço, Mestre Bernardino lembra que a mentira é um costume universal: «Coisa que em qualquer lugar do mundo se afirmam sempre, porque mentir não faz mal a ninguém, a não ser ao ouvido de quem nela fiar com vera de propósito[31] ». Ele aproveita a oportunidade para sublinhar que « A verdade, senhor, é coisa que não se deve esconder[32] ». A concepção do trabalho no Caldeirão é relevado também de um ponto de vista moral. A vida dos habitantes do Caldeirão era vivida como uma aceitação da vontade divina. O homem, graças ao seu trabalho e a seu esforço, tira os frutos da terra como diz o Mestre que « É do trabalho que nasce o fruto dado pela natureza, mas como coisa que vem do suor do rosto, pingando, salgando a terra barrufada, no caturar da colheita[33] ».

       As escolhas de vida, como a saída da família do beato para Juazeiro, se fazem depois de una reflexão madura, o que dá a oportunidade ao Mestre Bernardino de afirmar que « A noite, deve saber o senhor, é a melhor conselheira do homem[34] ». Quando o beato torna-se vitima das injustiças do Dr Fuloro, ele reage com calma e Mestre Bernardino comenta: « A provação nunca vem antes ou depois do tempo. É como safra. O que se planta, nasce, cresce, frutifica e chega a hora da colheita. Assim é o sofrimento[35] ». Na ocasião da invasão do Caldeirão pelas tropas e diante do comportamento desrespeitoso dos soldados diante das mulheres, Mestre Bernardino lembra o código de honra sertanejo: « A honra das mulheres no sertão, o senhor sabe, é intocável[36] ».

       A doença da mãe é a ocasião para lembrar a oposição entre os costumes da cidade e os costumes do campo. Enquanto as pílulas do farmacêutico ficam sem resultado, os camponeses recorrem ao conhecimento das plantas para curar os doentes, e Mestre Bernardino, que exerce a profissão de curador, enumera as virtudes de diversas plantas sublinhando os efeitos naturais. Diz: « Ah senhor, a sabedoria do mato, em base das plantas. Afianço com experiência, aí dorme a saúde. Ela descansa nas plantas. Nada de contrário ao natural[37]». A natureza fica sendo um dado onipresente, e a observação sobre o céu, por exemplo, permite a previsão do tempo: « Uma mancha ao redor da lua. Era anúncio de chuva para logo[38] ».

1.3. O testemunho direto

 

       O fato de ser o Mestre Bernardino quem conta a vida do beato nos oferece também a vantagem de poder comunicar as suas reações pessoais diante dos eventos que marcam a vida do beato. Como ele foi um dos primeiros romeiros[39], conta em que circunstâncias o beato foi dirigir o sítio de Baixa Dantas, um lugar propício à cultura da terra e ao estabelecimento de uma comunidade. O caráter de Mestre Bernardino o aproxima do povo e o distingue do beato.

       Efetivamente, a sensibilidade de Mestre Bernardino está próxima do povo porque ele compartilha dos sentimentos experimentados pelos seus pais quando eles descobriram o ambiente da cidade de Juazeiro: «Ah, senhor, eu vi isso também e posso afiançar, com palavra empenhada na verdade, que um frescor de vento alumiava a escuridade de nosso corpo inteiro, cheio de pecado[40]». Ele compartilha do mesmo entusiasmo e da mesma admiração pelo Padre : «P. Cícero só podia mesmo ser um santo. Era aquele mundo do povo, a poeira levantando, matulões nos ombros, rezas baixas, cânticos elevados aos céus, o preto dos vestidos, das camisas e calças, a obedência cega nas quenturas das ruas[41].»Pelo povo, o Padre simboliza a figura de Deus e a gente lhe qualifica das mesmas virtudes: «Deus é justo, sim. E o meu padrinho Cícero era justo como Deus[42]».

       Ao contrário, o seu temperamento pessoal se afasta do temperamento do beato. Ele se mostra muito mais disposto a reagir ou a ensinar, a defender-se frente às calúnias ou humilhações. Assim, na hora do anúncio da notícia da expulsão de Baixa Dantas, Mestre Bernardino tem dificuldades para conter-se e não se revoltar contra aquela medida injusta: « A igreja, os padres, os políticos e todos os grandes se entendiam quando os interesses deles falavam mais alto. Essa verdade eu não podia dizer ao beato, porque ele já havia me dado um travo[43]«. Ele sempre se apresenta com espírito crítico, mostrando-se pronto a denunciar as injustiças. Ele fica transtornado pelo fato que a gente seja privada de trabalhar a terra. E diz: «Era a agonia de todos os homens que são impedidos de cultivar a terra numa nação de muito chão[44]». Sempre com um sangue mais quente, Mestre Bernardino desejaria reagir frente à impertinência do Coronel João de Brito que exige um pagamento pela devolução das terras. Ele é obrigado a se conter : «Mas não se podia desobedecer ao beato assim. Ele era nosso chefe[45]».

       Ao longo do relato, Mestre Bernardino faz uma série de observações sobre os costumes dos habitantes do Caldeirão, notadamente sobre os seus costumes em matéria de política: «Os políticos não gostavam da falta de interesse da gente em escrever os nomes nos papéis do cartório em dia de eleição. Não se ia porque votar não queria dizer escolher, mas agradar ao coronel fulano de tal[46]».

       Assim, todas essas observações feitas de um ponto de vista interior permitem resgatar o ambiente e o espírito do Caldeirão.

 

CONCLUSÃO

 

Um dos efeitos mais notáveis da mise en scène do velório onde se ouve a voz do Mestre Bernardino reside no caráter vivo e autêntico do relato. Muito mais do que a simples vida do beato José Lourenço, o relato permite lembrar as condições socioeconômicas deste início de século, e sobretudo, a mentalidade rural sertaneja. Nem letrado nem orador, o beato José Lourenço, ao mesmo tempo que ele cuida da sua própria vida (ao pagar durante numerosos anos os pecados da sua juventude), também vela pela vida dos moradores do Caldeirão. As informações transmitidas de um ponto de vista interno, com toda fidelidade e simpatia pelo beato nos rendem a esse universo próximo. Estamos efetivamente muito longe de um discurso exterior e positivista como o ensaio de Euclides da Cunha. A história do Caldeirão fica sendo, antes de tudo, graças a Cláudio Aguiar, a história do povo do Caldeirão.

                                                                                             Sylvie Debs   
                                                                      [publicado na revista CALIBAN]